Vicuna- la fourrure la plus chĂšre du monde. Vicuna est vraiment la fourrure la plus chĂšre pour un manteau de fourrure, mais les vĂȘtements de dessus en ce matĂ©riau coĂ»teux sont rarement cousus, car tout le monde ne peut se permettre ce luxe. La vigogne appartient au genre des lamas, elle se trouve au PĂ©rou, oĂč cet animal est considĂ©rĂ© 21 Valeur estimĂ©e: 16,4 millions de dollars. 3 19. City est la seule Ă©quipe avec une Ă©quipe plus chĂšre, et les autres clubs de Premier League Chelsea, Liverpool et Tottenham font Ă©galement partie du top dix. C'est LE championnat le plus prestigieux du monde. 2,3 millions $. Lun des trĂ©sors nationaux du Japon, la viande de Kobe de la race Tajima est rĂ©putĂ©e ĂȘtre la meilleure du monde. Le persillage accru de la viande procure une tendretĂ© exceptionnelle et rehausse la saveur du bƓuf. Et cash. ModĂ©rateur ModĂ©rateurs Grand AllemagnOmaXien Messages 20080Inscription Mar 28 Nov 2006 1551Localisation Alsace La bratwurst la plus chĂšre du monde Elle est fabriquĂ©e Ă  SchlĂŒchtern Hesse par Dirk Ludwig , maĂźtre charcutier Ă  partir de boeuf de Kobe Japon , dont on sait que la viande est la plus chĂšre du monde plus chĂšre que le fois gras , mais moins chĂšre que le caviar , parait-il. Selon le morceau , cette viande peut coĂ»ter entre 300 et 500 € / kilo. Le boeuf de Kobe est connu dans le monde entier pour sa qualitĂ© viande persillĂ©e et par le soin apportĂ© Ă  son Ă©levage. Les saucisses de Dirk Ludwig sont rĂ©servĂ©es Ă  la gastronomie de haut ; en savoir plus sur le boeuf de KobeNe me demandez pas quel goĂ»t ça a ; je n'y ai jamais goĂ»tĂ©. L'harmonie est un Ă©quilibre fragile. Pour y contribuer, respectez activement les rĂšgles de bonne conduite.„Den leeren Schlauch blĂ€st der Wind auf, den leeren Kopf der DĂŒnkel.“Matthias Claudius 1740-1815, dt. Dichter Grand AllemagnOmaXien Messages 6654Inscription Mar 03 Jan 2006 1307Localisation Lörrach Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par ElieDeLeuze » Mar 06 Oct 2015 0911 C'est trĂšs con de mettre du Kobe dans une saucisse. C'est pas fait pour ça. Grand AllemagnOmaXien Messages 5634Inscription Lun 27 Juin 2011 0038Localisation Francfort/Oder, Paris, Lyon Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par valdok » Ven 09 Oct 2015 2214 AprĂšs tout, si ces innovations culinaires trouvent dit je ne verrais pas non plus manger un wagyĂ» burger ou boire du champagne au redbull., etc....!!!!!!! „Und auf dem höchsten Thron der Welt sitzen wir nur auf unserem Arsch.“Michel de Montaigne Werk Essais Grand AllemagnOmaXien Messages 14534Inscription Mar 01 Nov 2005 1214Localisation Beaujolais Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par Sonka » Lun 19 Oct 2015 1047 Je suis un peu du mĂȘme avis qu'Elie, c'est du gĂąchis... L'harmonie est un Ă©quilibre fragile. Pour y contribuer, respectez activement les rĂšgles de bonne conduite. AllemagnOnaute ConfirmĂ© Messages 84Inscription Mar 06 Oct 2015 1146Localisation Bretagne Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par Garance » Mer 21 Oct 2015 1658 Je suis du mĂȘme avis que vous, trop Ă©picurienne pour ça ! Cela dit, heureusement que je ne me laisse pas aller Ă  mon pĂ©chĂ© mignon "la charcuterie", quand je vois les Ă©tals en Alsace ou en Allemagne, rien qu'en les regardant j'ai dĂ©jĂ  pris deux kilos ! Grand AllemagnOmaXien Messages 5634Inscription Lun 27 Juin 2011 0038Localisation Francfort/Oder, Paris, Lyon Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par valdok » Mer 21 Oct 2015 1958 SĂ»r que j'attacherais mon chien encore moins avec ces saucisse-lĂ  „Und auf dem höchsten Thron der Welt sitzen wir nur auf unserem Arsch.“Michel de Montaigne Werk Essais AllemagnOnaute ConfirmĂ© Messages 84Inscription Mar 06 Oct 2015 1146Localisation Bretagne Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par Garance » Mer 21 Oct 2015 2029 Moi qui suis native des Hauts de Seine, voilĂ  bien longtemps que quelqu'un n'avait pas utilisĂ© cette expression autour de moi hormis mon frĂšre bien sur. Grand AllemagnOmaXien Messages 15451Inscription Lun 31 Oct 2005 1833Localisation Entre Euskal Herri et Burdigala, via BrĂȘme et Berlin... Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par Kissou33 » Mer 21 Oct 2015 2051 je suis aussi du mĂȘme avis qu'Elie et Sonka.... gĂąchis d'un bon produit, pour en faire un truc banal... dommage.. L'harmonie d'un forum est fragile. Pour y contribuer, respectez les rĂšgles de bonne libertĂ© des uns s'arrĂȘte lĂ  oĂč commence celle des autres... Grand AllemagnOmaXien Messages 5634Inscription Lun 27 Juin 2011 0038Localisation Francfort/Oder, Paris, Lyon Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par valdok » Mer 21 Oct 2015 2110 Garance, c'est juste parce que mes parents un papa de 90 ans encore vivant !!! m'ont tout fait partager, absolument tout Kissou, jusqu'ici tous ceux qui se sont exprimĂ©s Ă  ce propos Ă©taient de cet avis, non „Und auf dem höchsten Thron der Welt sitzen wir nur auf unserem Arsch.“Michel de Montaigne Werk Essais Grand AllemagnOmaXien Messages 15451Inscription Lun 31 Oct 2005 1833Localisation Entre Euskal Herri et Burdigala, via BrĂȘme et Berlin... Re La bratwurst la plus chĂšre du monde par Kissou33 » Mer 21 Oct 2015 2134 valdok a Ă©crit Kissou, jusqu'ici tous ceux qui se sont exprimĂ©s Ă  ce propos Ă©taient de cet avis, non oui mais vu que je lis en travers en ce moment, ce sont ceux dont les phrases m'ont le plus convenues ! L'harmonie d'un forum est fragile. Pour y contribuer, respectez les rĂšgles de bonne libertĂ© des uns s'arrĂȘte lĂ  oĂč commence celle des autres... Retourner vers Cuisine & saveurs Qui est en ligne Utilisateurs parcourant ce forum Aucun utilisateur enregistrĂ© et 0 invitĂ©s La boucherie est comme le show-biz Une boucherie, c’est comme le show-biz, il y a les grandes stars – Les entrecĂŽtes – Les cĂŽtes de boeuf – Le filet Ces viandes sont toutes trĂšs bonnes mais aussi trĂšs cheres. Il y a aussi les seconds rĂŽles talentueux ». – Ils sont moins connus – Ils sont bons – Ils ont plusieurs avantages – Ils sont moins demandĂ©s donc moins chers Mais quels sont ces autres morceaux ? Le boeuf, la viande prĂ©fĂ©rĂ©e des français Le boeuf est la viande la plus apprĂ©ciĂ©e des français, surtout quand elle provient du dos et de l’arriĂšre de l’animal. Exemple Le filet qui est le morceau le plus cher. Il se situe sur le dos et c’est la partie la plus tendre, le chocolat » de la vache. Toutefois, il coĂ»te 35 Comment acheter de la viande moins chĂšre ? Il existe dans le boeuf des viandes presque identiques mais qui proviennent de deux endroits diffĂ©rents. Exemple, le filet et la poire qui sont des morceaux sur la cuisse du boeuf. A l’apparence, c’est la mĂȘme chose sauf que la poire et deux fois moins chĂšre que le filet. Au gout, il n’y a aucune diffĂ©rence ! Dans une boucherie, pour payer votre entrecĂŽte moins chĂšre, choisissez l’entrecĂŽte seconde ou basse-cĂŽte ». C’est vraiment de la viande pas chĂšre 18, 50 Le porc, une viande moins chĂšre La viande de porc est aussi une viande Ă©conomique. Elle fait partie des viandes les moins chĂšres Ă  9,40 Autres suggestions Comment acheter du poisson moins cher ? Trouver le cadeau idĂ©al Comment moins consommer de carburant ? Comment faire des Ă©conomies sur le chauffage ? Comment choisir les bonnes vitamines ? Quel meilleur analyseur de la sociĂ©tĂ© française que le rapport Ă  l’alimentation pour comprendre non seulement les craintes et les aspirations des Français, les mutations sociĂ©tales de la consommation, mais Ă©galement la recomposition des enjeux d’appartenance sociale et identitaire ainsi que les points de crispations politiques dans la sociĂ©tĂ© française ? Dans une premiĂšre analyse qui se dĂ©roule en deux Ă©tapes, Simon Borel et GuĂ©naĂ«lle Gault s’appuient sur diffĂ©rentes donnĂ©es d’opinion pour dĂ©crypter les ruptures avec le modĂšle alimentaire issu de la sociĂ©tĂ© industrielle, mais aussi la façon dont le rapport des Français Ă  l’alimentation se recompose. On est ce que l’on mange. L’adage n’a cessĂ© de se vĂ©rifier au fil des Ă©poques et des cultures. S’il est vrai que l’alimentation contribue en premier lieu Ă  la constitution mĂ©tabolique, elle participe Ă©galement de l’image de soi, du rapport aux autres et plus gĂ©nĂ©ralement de l’inscription de l’homme dans son environnement. Dit autrement par le politologue Paul AriĂšs La table ne concerne pas que notre corps biologique, mais aussi notre corps social, culturel, politique, onirique, anthropologique1Paul AriĂšs, Une histoire politique de l’alimentation. Du palĂ©olithique Ă  nos jours, Paris, Max Milo, 2016.. » Ainsi le cours de l’histoire peut-il aussi se dessiner comme une succession de rituels et d’interdits alimentaires2Olivier Assouly, Les Nourritures divines. Essai sur les interdits alimentaires, Arles, Actes Sud, 2002., de conceptions diverses du pur et de l’impur3Mary Douglas, Purity and Danger. An analysis of the concept of pollution and taboo, Londres, Routledge et Kegan Paul, 1966 Mary Douglas, De la souillure. Essai sur les notions de pollution et de tabou, Paris, Maspero, 1971. qui tous ont animĂ© et empĂȘchĂ© les hommes dans leur quotidien. TraversĂ© de multiples peurs alimentaires4Voir Madeleine FerriĂšres, Histoire des peurs alimentaires. Du Moyen Âge Ă  l’aube du XXe siĂšcle, Paris, Seuil, 2010., postures morales, Ă©thiques et religieuses, le rapport Ă  l’alimentation oscille entre continuitĂ© et ruptures. Entre des moments oĂč un modĂšle alimentaire stable vient s’ancrer et se cristalliser dans les comportements et des moments de crise et rĂ©invention en symbiose avec les mutations d’une sociĂ©tĂ©. C’est alors qu’apparaissent de nouveaux modĂšles et normes alimentaires. Nous sommes prĂ©cisĂ©ment dans l’un de ces moments charniĂšres. Le grand fait alimentaire inaugural de la modernitĂ© occidentale a Ă©tĂ© la progressive dĂ©clinaison du modĂšle industriel de production et de consommation de masse Ă  l’alimentation. Le XXe siĂšcle reste marquĂ© par ce passage d’une ruralitĂ© agricole dominante Ă  une industrialisation et une urbanisation fulgurantes, d’une alimentation de pĂ©nurie Ă  une dĂ©mocratisation de l’accĂšs Ă  une alimentation carnĂ©e et sĂ©curisĂ©e pour le plus grand nombre. Mais voilĂ  l’abondance qui semblait avoir rĂ©glĂ© positivement la question de la faim et de l’insĂ©curitĂ© alimentaire semble aujourd’hui se muer en une plaie lourde de consĂ©quences pour la santĂ©, l’environnement, le monde animal, mais aussi la cohĂ©sion sociale. Car, dĂ©sormais, cette abondance nous dĂ©truit. Sa rĂ©partition – en 2020, jusqu’à 7 millions de Français auraient eu recours Ă  l’aide alimentaire5 État de la pauvretĂ© en France en 2021, Secours catholique. – et sa soutenabilitĂ© sont autant interrogĂ©es que l’est son innocuitĂ©. Les critiques enflent et participent de la mise en doute plus globale de la pertinence de notre modĂšle de dĂ©veloppement. Ce faisant, une transition est Ă  l’Ɠuvre qui a partie liĂ©e avec la nĂ©cessitĂ© consensuelle en France d’une transition Ă©cologique. Celle-ci porte Ă©galement en elle une recherche de sens quand la modernitĂ© semble avoir Ă©puisĂ© le sien. Mais cette transition est loin d’ĂȘtre univoque. Si le modĂšle alimentaire partagĂ© issu de la sociĂ©tĂ© industrielle reste majoritaire, il se fissure et de nouveaux rĂ©fĂ©rentiels du bon » et du bien » manger Ă©mergent et contribuent Ă  crĂ©er des rapports trĂšs diffĂ©rents, voire antagoniques, Ă  l’alimentation. Et alors que la contestation multiforme du systĂšme » s’échappe de plus en plus du champ de l’idĂ©ologie et de l’action politique classique pour se loger au cƓur mĂȘme de la consommation, ce dĂ©placement du domaine de la lutte en vient trĂšs naturellement Ă  se cristalliser sur la question alimentaire. C’est dans ce contexte qu’il nous arrive de ne plus nous reconnaĂźtre dans ce que nous mangeons. Comme si l’assiette Ă©tait devenue le miroir de nos propres fractures et frayeurs et l’alimentation le condensĂ© de toutes nos turpitudes dans notre rapport inquiet Ă  l’hypermodernitĂ© et Ă  notre dĂ©mocratie imparfaite. Rien d’étonnant alors que des candidats Ă  l’élection suprĂȘme s’interpellent sur l’entrecĂŽte ou le quinoa. Car si la France n’est pas seule Ă  vivre ces mutations, elles y prennent cependant une dimension particuliĂšre tant manger revĂȘt ici une importance singuliĂšre et constitue un signe de distinction nationale majeur. Les Français ne passent-ils pas en moyenne 2 heures et 13 minutes Ă  table par jour, soit bien plus que partout ailleurs ? Au-delĂ  du temps qui leur est consacrĂ©, ce sont aussi les moments de convivialitĂ© autour des repas, leur structuration et composition qui nous distinguent. L’Unesco dĂ©cidait d’ailleurs en 2010 de classer comme patrimoine culturel immatĂ©riel de l’humanitĂ© le repas gastronomique des Français », Ă©cho Ă  l’influence de nos chefs sur la scĂšne internationale. DĂšs lors, quel meilleur analyseur de la sociĂ©tĂ© française que le rapport Ă  l’alimentation pour comprendre non seulement les craintes et les aspirations des Français, les mutations sociĂ©tales de la consommation, mais Ă©galement la recomposition des enjeux d’appartenance sociale et identitaire ainsi que les points de crispations politiques dans la sociĂ©tĂ© française ? Quel meilleur levier, aussi, pour accompagner les Français dans les enjeux qui fondent notre dĂ©mocratie ? Nous verrons pourquoi et comment s’accentuent les ruptures avec le modĂšle alimentaire issu de la sociĂ©tĂ© industrielle. Nous aborderons ensuite la façon dont le rapport des Français Ă  l’alimentation se recompose. La rupture avec le modĂšle alimentaire issu de la sociĂ©tĂ© industrielle Un rejet croissant de l’imaginaire industriel La critique du modĂšle alimentaire gĂ©nĂ©ral repose aujourd’hui sur ce qui a fait sa force et la rĂ©alisation de sa promesse durant l’essentiel du siĂšcle dernier son caractĂšre industriel ». Si, Ă  l’ñge d’or des Trente Glorieuses, les reprĂ©sentations liĂ©es Ă  l’industrie renvoyaient au progrĂšs Ă©conomique, Ă  l’efficacitĂ©, Ă  l’abondance, Ă  la sĂ©curitĂ© et au confort matĂ©riel, elles relĂšvent aujourd’hui de la standardisation et de la massification impersonnelle, de l’inhumanitĂ© des processus de production et des effets nĂ©fastes sur la santĂ© et l’environnement. Ainsi, seuls 30% des Français associent au mot industriel » quelque chose de positif. Jadis source d’innocuitĂ©, d’hygiĂšne et de sĂ©curitĂ©, l’industrie dite agroalimentaire » est dĂ©sormais de plus en plus objet de dĂ©fiance quand elle ne se trouve pas entachĂ©e par un imaginaire de l’artificiel, de l’impur ou, pire, de l’empoisonnement, dĂ©coulant de nombreux scandales sanitaires et alimentaires dont les Français ont gardĂ© la mĂ©moire. À cet Ă©gard, un travail d’association spontanĂ©e relatif aux aliments montre bien l’impact de ce discrĂ©dit. La chose est Ă©vidente s’agissant de la viande issue de l’élevage industriel6Observatoire des Ă©thiques dans l’alimentaire, L’ObSoCo, 2016.. Celle-ci se trouve majoritairement affiliĂ©e au registre du mortifĂšre de l’ aliment mort »7Laurence Ossipow, Aliments morts, aliments vivants », dans Claude Fischler dir., Manger magique. Aliments sorciers, croyances comestibles, Paris, Autrement, 1994, pp. 127-135. et du malsain. Les fruits et lĂ©gumes font, dans l’ensemble, l’objet d’associations positives. Leur culture intensive laisse toutefois planer le doute sur leur authenticitĂ© et qualitĂ©. Doute qui, de surcroĂźt, entre en rĂ©sonance avec la dĂ©ploration croissante de la standardisation et du calibrage des tailles, des couleurs et des formes ainsi que de leur affadissement gĂ©nĂ©ralisĂ©. À l’inverse, les imaginaires des Ăąges prĂ©industriels relevant des mondes et de l’économie domestiques, des sphĂšres familiales et artisanales se trouvent puissamment rĂ©investis valorisation du geste, des produits bruts et non transformĂ©s, de l’authenticitĂ© et de la naturalitĂ©. Et l’origine locale et le fait maison de se poser en contrepoint aspirationnels d’une globalisation largement dĂ©criĂ©e. Tout ceci renvoie Ă  des mutations profondes de nos imaginaires, bien au-delĂ  du sujet de l’alimentation. Selon l’Observatoire des perspectives utopiques de l’ObSoCo, l’utopie moderne portĂ©e par l’idĂ©al d’un progrĂšs Ă©conomique et donc industriel, social et politique articulĂ© autour de valeurs matĂ©rialistes et de pratiques consumĂ©ristes n’a plus la cote prĂ©fĂ©rĂ©e par 10% seulement des enquĂȘtĂ©s. Au contraire, prĂšs d’un tiers des Français 31% nourrissent une utopie identitaire-sĂ©curitaire faisant la part belle Ă  une sociĂ©tĂ© nostalgique d’un passĂ© rĂ©volu, soucieuse de prĂ©server son identitĂ© et sa singularitĂ©, quand une majoritĂ© de Français privilĂ©gient quant Ă  eux l’utopie Ă©cologique 55%. S’il s’agit, certes, de rĂ©pondre Ă  leurs prĂ©occupations grandissantes vis-Ă -vis de l’environnement, les Français expriment aussi Ă  travers cette prĂ©fĂ©rence un dĂ©sir de tendre vers des modes de vie qui, par l’intensification des relations sociales, l’ancrage territorial, la rĂ©alisation personnelle et la conquĂȘte d’une plus grande autonomie, contribuent Ă  une redĂ©finition du bien-ĂȘtre. Changement de paradigme donc. Ce faisant, au-delĂ  du rejet croissant de l’imaginaire industriel apparaissent une critique plus globale de notre modĂšle de dĂ©veloppement et l’essoufflement de la pertinence d’un capitalisme fordien basĂ© sur une logique de masse. Un systĂšme productif concentrĂ© sur des sĂ©ries standardisĂ©es dont les volumes autorisent les prix bas articulĂ©s Ă  une consommation rĂ©pondant aux aspirations homogĂšnes d’une classe moyenne massive. Avec, Ă  l’interface, une distribution organisĂ©e autour des grandes » surfaces. Une montĂ©e parallĂšle de l’incertitude et des exigences la volontĂ© de contrĂŽle C’est cette alimentation issue du modĂšle de dĂ©veloppement industriel que pointait Pierre Rabhi quand il disait Avec l’alimentation moderne, il vaut mieux souhaiter bonne chance que bon appĂ©tit8Pierre Rabhi dans L’invitĂ© des matins » sur France Culture le 19 juillet 2018.. » Un propos rĂ©vĂ©lateur du basculement du rapport Ă  l’alimentation Ă  l’ùre de la sociĂ©tĂ© du risque9Ulrich Beck, La SociĂ©tĂ© du risque. Sur la voie d’une autre modernitĂ© 1986, Paris, Aubier, 2001. ». Si nous ne vivons pas nĂ©cessairement dans un monde plus dangereux qu’autrefois bien au contraire, la question du risque est dĂ©sormais au cƓur de nos sociĂ©tĂ©s et de l’existence individuelle. Fini le progrĂšs univoque et positif, celui-ci porte dĂ©sormais atteinte Ă  la santĂ© et Ă  la sĂ©curitĂ©. Depuis l’infiniment petit » biologique, sanitaire et alimentaire, jusqu’à l’infiniment grand » des catastrophes technologiques, Ă©cologiques ou gĂ©opolitiques. Tout ceci se trouve amplifiĂ© par un contexte de mondialisation qui accentue les interdĂ©pendances et diminue d’autant le sentiment de maĂźtrise. Rien d’étonnant alors qu’amenĂ©s Ă  choisir le plus probable, 69% des Français interrogĂ©s optent pour le pessimisme et s’accordent sur le fait que nous ne passerons pas les dix ou vingt prochaines annĂ©es sans catastrophes majeures » quand 31% optent pour une vision positive de l’avenir une sociĂ©tĂ© plus humaine »10L’Observatoire du rapport Ă  la qualitĂ© et aux Ă©thiques dans l’alimentaire, L’ObSoCo, 2021.. La pandĂ©mie et la guerre en Ukraine ont contribuĂ© Ă  considĂ©rablement assombrir l’avenir collectif. Autant d’évĂ©nements qui contribuent en outre, directement ou indirectement, Ă  renforcer les risques sociaux et psychosociaux par l’aggravation des situations de vulnĂ©rabilitĂ© tant matĂ©rielles et financiĂšres que psycho-affectives et relationnelles. DĂšs lors, le risque, d’instrument de mesure, devient instrument de dĂ©mesure », plus proche finalement de l’incertitude selon la distinction qu’en faisait l’économiste Frank Knight l’incertitude comme risque immesurable11Frank Hyneman Knight, Risk, uncertainty and profit, New York, Houghton Mifflin Company, 1921.. Cette incertitude et l’anxiĂ©tĂ© qu’elle gĂ©nĂšre se cristallisent de maniĂšre singuliĂšre dans le domaine de la santĂ© et, par rebond, dans celui de l’alimentaire. Car en l’absence de meilleur horizon collectif, la santĂ© est valorisĂ©e comme un des biens individuels les plus prĂ©cieux. Il suffit de regarder l’explosion des pratiques sportives individuelles ou, dans un tout autre registre, les sacrifices consentis aux pires heures de la pandĂ©mie pour protĂ©ger la santĂ© des plus vulnĂ©rables. Ce faisant, la multiplication des scandales sanitaires et alimentaires vient percuter cette tendance profonde. De mĂȘme que la mise en lumiĂšre de la composition problĂ©matique ou nĂ©faste des produits industriels perturbateurs endocriniens, rĂ©sidus de pesticides et de conservateurs contestĂ©s, la profusion d’études mĂ©dicales Ă©tablissant un lien entre composition de l’assiette et pathologies obĂ©sitĂ©, diabĂšte, cancer, etc. et les campagnes de santĂ© publique en faveur du bien manger les fameux manger bouger » et cinq fruits et lĂ©gumes par jour » ont achevĂ© de focaliser l’attention sur les relations dangereuses entre santĂ© et alimentation. L’anxiĂ©tĂ© que cette combinaison gĂ©nĂšre pousse alors les individus plus formĂ©s, plus informĂ©s, plus affirmĂ©s que jamais Ă  chercher des moyens de reprendre le contrĂŽle sur leur consommation pour s’assurer de la bonne qualitĂ© de celle-ci12Camille Adamiec, Devenir sain. Des morales alimentaires aux Ă©cologies de soi, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016., comme le recours Ă  des applications spĂ©cialisĂ©es13Le recours plurimensuel aux applications d’évaluation des produits alimentaires Yuka, Open Food Facts, Scan Up, Mylabel, Consommateur et Citoyen, ConsoMieux
 – 23% des Français interrogĂ©s – est davantage le fait des jeunes 32% des 18-34 ans, des foyers aisĂ©s 33% des hauts revenus, des CSP+ et des plus diplĂŽmĂ©s 35% L’Observatoire du rapport des Français Ă  la qualitĂ© et aux Ă©thiques dans l’alimentaire, L’ObSoCo, 2021.. Un surcroĂźt d’informations qui concoure Ă  accroĂźtre le sentiment de contrĂŽle ainsi qu’à alimenter une Ă©conomie de la dĂ©fiance. Plus on sait, moins on a l’impression de savoir. La confiance baisse alors, jusqu’à se transformer, parfois, en dĂ©fiance14La quĂȘte de contrĂŽle du consommateur. Le phĂ©nomĂšne Yuka ou le business de la dĂ©fiance, L’ObSoCo, collection Tendances, les nouvelles cultures de la consommation », 2018.. La quĂȘte de contrĂŽle de/sur soi par son alimentation peut mĂȘme parfois faire basculer certains individus dans l’ orthorexie ». À cheval entre le mĂ©dical et le sociĂ©tal, ce trouble du comportement alimentaire tend Ă  faire de l’alimentation une vĂ©ritable obsession. Il s’agit d’une tentative poussĂ©e Ă  l’extrĂȘme, jusqu’à la pathologie, d’un contrĂŽle total sur ce qui est ingĂ©rĂ©, pour faire en sorte de ne jamais ĂȘtre mis en danger par les effets de l’alimentation sur la santĂ©, au risque de vivre en vase clos et de se couper des autres. Une soutenabilitĂ© environnementale et sociale en questions La volontĂ© de contrĂŽle de son alimentation est exacerbĂ©e par des exigences croissantes en matiĂšre de durabilitĂ© et de soutenabilitĂ© du modĂšle alimentaire. Le modĂšle alimentaire gĂ©nĂ©ral issu de la sociĂ©tĂ© industrielle se trouve de fait attaquĂ© sur le front de sa soutenabilitĂ© Ă©cologique. Si les prĂ©occupations des Français pour l’environnement s’affichent fortement depuis un moment, elles sont bien plus intenses quand elles sont articulĂ©es Ă  la santĂ©. De lointaines dans le temps les gĂ©nĂ©rations futures et dans l’espace banquise, forĂȘt amazonienne
, elles sont devenues un sujet d’inquiĂ©tude ici et maintenant pour soi et ses proches. Les personnes les plus prĂ©occupĂ©es par l’enjeu Ă©cologique sont-elles Ă©galement les plus attentives aux impacts de l’alimentation sur la santĂ© et inversement ? La dĂ©gradation des Ă©cosystĂšmes naturels est directement liĂ©e au sujet de la dĂ©tĂ©rioration de la qualitĂ© de vie. Impactant les productions agricoles et l’élevage, elle affecte en cascade la qualitĂ© de l’assiette et donc la santĂ© du consommateur. À ce titre, 85% des Français estiment que l’élevage industriel est mauvais pour l’environnement15L’Observatoire du rapport des Français Ă  la qualitĂ© et aux Ă©thiques dans l’alimentaire, L’ObSoCo, 2021.. ParallĂšlement, la souffrance animale apparaĂźt de plus en plus comme une justification trĂšs rĂ©pandue, appuyant la critique du modĂšle industriel, symptĂŽme de la perte de liens avec le monde rural. Une majoritĂ© 71 % de Français est d’accord avec le fait que manger de la viande issue de l’élevage industriel participe Ă  la souffrance animale »16 Ibid.. La sensibilitĂ© Ă  la cause animale est aussi trĂšs liĂ©e au degrĂ© d’inquiĂ©tude quant aux effets nĂ©gatifs possibles des aliments sur la santĂ©. La viande issue de l’élevage industriel est de moins bonne qualitĂ© et produit des effets nĂ©fastes sur la santĂ© en plus de la culpabilitĂ© qui rĂ©sulte de sa consommation. Un questionnement sur la soutenabilitĂ© sociale du modĂšle alimentaire est Ă©galement Ă  l’Ɠuvre. La pauvretĂ© en France progresse sensiblement depuis le dĂ©but de la crise sanitaire. Dans son rapport annuel, le Secours catholique alerte sur l’extension des privations des mĂ©nages touchĂ©s par cette prĂ©caritĂ© dans le domaine de l’alimentation. Ainsi, jusqu’à 7 millions de personnes prĂšs d’un Français sur dix ont eu recours Ă  l’aide alimentaire en 2020, soit une augmentation de 15 Ă  20% par rapport Ă  201917État de la pauvretĂ© en France 2021, Secours catholique.. Un accroissement patent de la prĂ©caritĂ© dont l’association note qu’elle touche dĂ©sormais de nouveaux publics, tels que les Ă©tudiants ou les travailleurs pauvres. Le coup de gueule du patron des Restos du cƓur, qui voit arriver des jeunes avec leurs manteaux siglĂ©s Uber Eats, en tĂ©moigne Ils apportent Ă  manger aux autres, mais n’ont pas de quoi manger pour eux. » À l’autre bout du spectre, cette augmentation de la prĂ©caritĂ© touche Ă©galement et paradoxalement les producteurs agricoles eux-mĂȘmes. ConfrontĂ©s aux inĂ©galitĂ©s croissantes du modĂšle agricole dominant, un grand nombre de paysans acteurs de la production alimentaire vivriĂšre française durable bascule dans la pauvretĂ© – la MutualitĂ© sociale agricole MSA avance que 30% des agriculteurs français disposaient de revenus infĂ©rieurs Ă  350 euros par mois en 2015 quand l’Insee indique que 18% des mĂ©nages agricoles vivaient sous le seuil de pauvretĂ© en 2018. Ces derniers sont directement impactĂ©s par le changement climatique qui entraĂźne incertitudes, variabilitĂ© extrĂȘme des revenus et souvent diminution de la productivitĂ© des cultures. Ces questions de soutenabilitĂ© environnementale comme sociale s’accompagnent d’une rĂ©flexion croissante des Français vis-Ă -vis de leurs habitudes alimentaires. Aux dimensions de goĂ»t, d’innocuitĂ© et de santĂ©, au besoin de contrĂŽle et de reprise en main concrĂšte s’ajoutent aussi des dimensions plus Ă©thiques et responsables. La grande transition alimentaire À la croisĂ©e de ces Ă©volutions, un mouvement gĂ©nĂ©ral se dĂ©gage celui de la transition alimentaire », processus par lequel une sociĂ©tĂ© et des individus tendent Ă  modifier leur maniĂšre de produire, consommer et s’alimenter. DĂ©jĂ  prĂšs de la moitiĂ© des Français 45% semblent avoir pris en marche le train d’une transition alimentaire18Observatoire du rapport Ă  la qualitĂ© et aux Ă©thiques dans l’alimentaire, vague 3, L’ObSoCo, 2021., accĂ©lĂ©rĂ©e par la crise sanitaire et qui peut prendre plusieurs formes. Manger mieux » / sain » Dans le sillage d’une sensibilitĂ© et attention croissantes des Français Ă  l’impact de l’alimentation sur la santĂ©, le poids de celle-ci et de l’innocuitĂ© tend Ă  augmenter dans la conception et la dĂ©finition que les Français se font de la qualitĂ© alimentaire. Les produits consommĂ©s doivent non seulement ĂȘtre vecteurs de goĂ»t, de saveurs et de plaisir, mais aussi ĂȘtre garants d’une bonne santĂ©. C’est encore plus le cas depuis la crise sanitaire qui a contribuĂ© – au moins un temps – Ă  relĂ©guer les moments de convivialitĂ© et de sociabilitĂ© alimentaire au second plan des prĂ©occupations au profit d’un recentrement sur soi. Pour beaucoup, bien manger » est synonyme d’une alimentation Ă©quilibrĂ©e et saine 49% dont 33% en premier choix de rĂ©ponse – en augmentation de 8 points par rapport Ă  2019 – devant le plaisir des sens 33%, -3 points et le moment de convivialitĂ© partagĂ© 28%, en forte baisse -7 points19Observatoire du rapport Ă  la qualitĂ© et aux Ă©thiques dans l’alimentaire, vague 3, L’ObSoCo, 2021.. Si l’on aspire toujours au plaisir, celui-ci doit ĂȘtre compatible avec la prĂ©servation et l’entretien de son capital santĂ©. De mĂȘme, pour 58% des Français dont 30% en premier choix de rĂ©ponse, un produit alimentaire de qualitĂ© est avant tout un produit qui est bon pour la santĂ© », un rĂ©sultat en hausse de 8 points par rapport Ă  2019. Une progression qui s’opĂšre au dĂ©triment du goĂ»t en baisse de 12 points et qui, dans son sillage, tire aussi la question de l’innocuitĂ© 45%, en augmentation de 7 points Ă©galement. Les produits bruts / le faire et produire soi-mĂȘme PhĂ©nomĂšne ancien qui s’accĂ©lĂšre avec la crise sanitaire, la pratique du fait maison se rĂ©vĂšle, elle aussi, significative de cette quĂȘte du manger mieux » et sain » qui anime une partie de la population. RedĂ©couverte de la cuisine, progression des pratiques, renforcement et acquisition de compĂ©tences
 LĂ  encore, la crise sanitaire a accĂ©lĂ©rĂ© les tendances. Aujourd’hui, 75% des Français interrogĂ©s dĂ©clarent rĂ©aliser de leurs mains au moins 7 plats sur 10 consommĂ©s au sein de leur foyer – dont 46% indiquent consommer quasi intĂ©gralement 9 Ă  10 plats des plats faits maison. Si cet engagement proclamĂ© dans le fait maison comporte un biais de dĂ©sirabilitĂ© sociale important et renvoie souvent Ă  de la cuisine d’assemblage, il tĂ©moigne nĂ©anmoins d’une pratique culinaire fortement installĂ©e, mais aussi durable, avec des marges de progression importantes 37% des rĂ©pondants – plus jeunes et trĂšs prĂ©occupĂ©s par les questions environnementales et sociĂ©tales – pensent que leur consommation de produits faits maison va augmenter au cours des deux annĂ©es Ă  venir. Le fait maison rĂ©pond Ă  des motivations multiples la rĂ©alisation d’économies dans ses achats alimentaires, le plaisir de faire soi-mĂȘme, l’envie de se faire plaisir, de se rĂ©unir et partager, mais aussi la volontĂ© de retrouver la maĂźtrise de/sur son alimentation. L’autoproduction alimentaire a Ă©galement le vent en poupe. Culture de fruits, de lĂ©gumes et d’herbes aromatiques, production d’engrais naturels pour le jardin, fabrication de conserves, Ă©levage de poules
 67% des Français pratiquent au moins une activitĂ© d’autoproduction, soit 30,5 millions de personnes20Observatoire de l’autoproduction alimentaire, L’ObSoCo & Invivo Retail, 2022. ! Une pratique rĂ©pandue et qui bĂ©nĂ©ficie d’une dynamique positive avec 9% de nouveaux pratiquants depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2021, soit 4,1 millions de Français. S’il s’agit de faire des Ă©conomies et trouver le plaisir de faire soi-mĂȘme, la pratique de l’autoproduction alimentaire semble avant tout motivĂ©e par la possibilitĂ© de consommer des aliments bruts/frais/sains, motivation la plus importante pour les Français. Manger bio La sensibilitĂ© des consommateurs Ă  la qualitĂ© des produits alimentaires et les quĂȘtes de manger mieux »/ sain » s’expriment Ă©galement au travers de la formidable progression du bio » depuis une dĂ©cennie en France. MalgrĂ© une rĂ©cente inflexion deuxiĂšme semestre 2020 des ventes de produits bio en grandes surfaces alimentaires GSA21Selon les donnĂ©es Iri pour LSA, sur les sept premiers mois de l’annĂ©e 2021, l’évolution des ventes de produits bio en GSA est nĂ©gative - 1,6%. Les ventes des produits bio en GSA au premier semestre ne progressent que de 16% sur deux ans, entre 2019 et 2021, alors qu’elles augmentaient de plus de 50% entre 2017 et 2019, indique Iri. Plusieurs explications peuvent ĂȘtre avancĂ©es inflation alimentaire surcoĂ»t des produits bio », dĂ©but de saturation du marchĂ© et difficultĂ© pour le marchĂ© du bio » Ă  recruter de nouveaux adeptes, ralentissement de la croissance de l’assortiment ou de la diversitĂ© de l’offre en produits bio en magasin, perte de confiance dans la qualitĂ© et la rigueur Ă©thique des produits bio » dans le cadre de sa dĂ©mocratisation/massification, etc., les donnĂ©es de l’Agence bio montrent que la part de consommateurs de produits biologiques a connu une trĂšs forte croissance entre 2011 et 2017, passant de 40% Ă  73% – pour ensuite rester sur ce plateau Ă©levĂ©. En 2020, neuf Français sur dix dĂ©clarent avoir consommĂ© des produits biologiques, 13% en consomment mĂȘme tous les jours ! La dĂ©mocratisation du bio est donc Ă  l’Ɠuvre dans toutes les couches de la population mĂȘme si la frĂ©quence des achats montre que des inĂ©galitĂ©s persistent en termes d’ñge – 55% des 25-34 ans sont des consommateurs rĂ©guliers au moins une fois par semaine contre 43% des 50-64 ans – et de CSP 59% des CSP+ consomment des produits alimentaires bio de façon hebdomadaire contre 43% des CSP-. La montĂ©e en puissance du bio » semble rĂ©pondre Ă  l’aspiration santĂ© et bien-ĂȘtre majoritairement associĂ©e au bien manger. Il est aujourd’hui investi comme un signe de rassurance en matiĂšre de santĂ© et d’innocuitĂ© pour un nombre croissant de consommateurs, malgrĂ© les nombreuses critiques sur ses insuffisances voire ses compromissions. Manger local et direct producteur Autre phĂ©nomĂšne ressorti renforcĂ© de la crise sanitaire l’attrait des Français pour la proximitĂ©. La crise a eu pour consĂ©quence un recentrage Ă  toutes les Ă©chelles l’échelle nationale, avec une poussĂ©e du souverainisme et une volontĂ© massive de relocalisation ; l’échelle rĂ©gionale et locale avec un renforcement de l’appĂ©tence pour les produits alimentaires locaux et les circuits courts ; l’échelle du quartier enfin, avec l’accroissement de la frĂ©quentation des commerces de proximitĂ© et l’augmentation de leur popularitĂ© auprĂšs des consommateurs. DĂšs lors, dans une dĂ©marche de conciliation santĂ©, qualitĂ© et responsabilitĂ© sociale et environnementale, de nombreux Français ont rĂ©orientĂ© une partie de leur consommation alimentaire vers le local, les circuits courts et le direct producteur. 72% des Français interrogĂ©s affirment avoir achetĂ© au cours des douze derniers mois des produits alimentaires direct producteur »22L’Observatoire du rapport des Français Ă  la proximitĂ©, L’ObSoCo, 2021.. Les achats sur les marchĂ©s paysans rassemblent la plus forte proportion d’acheteurs 59%, suivis des achats directement chez l’exploitant 50%, loin devant les achats directs via un site internet et le recours Ă  une AMAP ou un rĂ©seau du mĂȘme type 26% et 21%. Sur la base des rĂ©ponses Ă  la mĂȘme question posĂ©e en dĂ©cembre 2020, la pĂ©nĂ©tration de chacun des circuits abordĂ©s a progressĂ© de 4 ou 5 points. Cette valorisation du local concerne Ă©galement les circuits de distribution classiques au sein desquels les Français sont de plus en plus attentifs Ă  l’origine des produits alimentaires consommĂ©s en particulier la viande et les fruits et lĂ©gumes. Lorsqu’on leur demande de classer les trois critĂšres les plus importants au moment d’acheter des produits alimentaires, le fabriquĂ© en France » arrive en premiĂšre position. Manger moins de viande rouge En parallĂšle, beaucoup de Français s’engagent dans un processus de rĂ©duction de leur consommation de viande rouge et de charcuterie soldes d’évolution de -42 et -48 points en trois ans23Observatoire du rapport Ă  la qualitĂ© et aux Ă©thiques dans l’alimentaire, vague 3, L’ObSoCo, 2021. et, plus marginalement, leur suppression. Bien qu’en lĂ©gĂšre baisse, la consommation des autres types de protĂ©ines animales les Ɠufs, la viande blanche et la volaille s’est quant Ă  elle globalement stabilisĂ©e. Le phĂ©nomĂšne, loin de concerner un profil spĂ©cifique, semble au contraire se dĂ©ployer de maniĂšre uniforme parmi l’ensemble de la population. À noter aussi des effets de substitution entre types de viande et en particulier entre viande rouge et viande blanche, cette derniĂšre apparaissant tout Ă  la fois moins chĂšre et comportant moins de risques pour la santĂ©. Si les rĂ©gimes sans viande » vĂ©gĂ©tarien, vĂ©gĂ©talien, vĂ©gan, etc. ne concernent que 5% de la population, la proportion de flexitariens dans la population augmente tendanciellement et passe de 7,7% en 2016 Ă  14,9% en 2021. Ce rĂ©gime est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© des jeunes 18-35 ans, des femmes, des urbains, des personnes sans enfant et des individus trĂšs sensibles Ă  l’environnement et Ă  la cause animale. Cette dynamique ne fait que commencer. Lorsqu’on leur demande s’ils comptent ou non s’engager dans un nouveau rĂ©gime permanent dans les deux prochaines annĂ©es, 27,6% des Français interrogĂ©s envisagent de devenir flexitariens pour des raisons sanitaires, environnementales ou Ă©thiques, ce qui porterait le pourcentage de flexitariens Ă  42,6% de la population ! L’enquĂȘte du CrĂ©doc sur les comportements alimentaires effectifs en France rĂ©alisĂ©e en 2019 confirme, pour la premiĂšre fois depuis plusieurs annĂ©es, une tendance Ă  l’augmentation de la consommation de fruits et lĂ©gumes24Louise Seconda et al., Renversement de tendance les Français vĂ©gĂ©talisent leur alimentation, CrĂ©doc, coll. Consommation et modes de vie », n°CMV315, mars 2021.. En dix ans, le nombre de personnes se conformant Ă  la recommandation du Programme national nutrition santĂ© cinq fruits et lĂ©gumes par jour » a ainsi augmentĂ© de 4 points, autant chez les enfants que chez les adultes. La consommation par jour et par adulte s’élĂšve dĂ©sormais Ă  323 grammes de fruits et lĂ©gumes frais, 365 grammes en comptant les conserves. Manger moins » Une proportion massive 81% de Français s’accordent pour dire que nous pourrions vivre en mangeant beaucoup moins »25L’Observatoire du rapport aux Ă©thiques et Ă  la qualitĂ© dans l’alimentaire, L’ObSoCo, 2021.. Cette attitude se traduit concrĂštement dans les comportements puisque quasiment un tiers 32% d’entre eux dĂ©clarent avoir l’impression d’avoir rĂ©duit les quantitĂ©s d’aliments ingĂ©rĂ©s en vue d’une alimentation plus frugale au cours des derniĂšres annĂ©es. Cette valorisation du manger moins » se complĂšte, pour deux tiers des Français, par un besoin de purifier leur corps, notamment des impuretĂ©s des produits industriels. L’idĂ©e d’une Ă©thique du soi », du sain » et du soin » orientant les conduites alimentaires vers une alimentation qui respecte ses biorythmes et qui participe de son accomplissement et Ă©panouissement personnel est de plus en plus prĂ©sente. Les personnes les plus convaincues par ce besoin de purification sont celles qui sont les plus attentives aux effets de l’alimentation sur leur santĂ©, qui sont le plus soucieuses des questions environnementales et sociĂ©tales et les habitants des grandes mĂ©tropoles. Les rĂ©pondants trĂšs pratiquants dans leur religion sont Ă©galement davantage en quĂȘte de purification dans une optique cette fois-ci spirituelle.

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